Combien d’argent et pour quoi faire ?
👉 Budget 2026 de l’éducation nationale approuvé par le Sénat
L’Éducation nationale dispose en 2026 d’un peu plus de 63 milliards d’euros (hors retraites), soit presque la même chose qu’en 2025, avec une petite hausse d’environ 0,3%. Si on ajoute les retraites des personnels, on approche les 90 milliards d’euros pour l’école, le collège et le lycée. La très grande majorité de cet argent sert à payer les salaires, charges et retraites des personnels (enseignants, AESH, CPE, personnels administratifs, etc.).
En clair : le budget augmente un peu en euros, mais surtout pour suivre le coût des salaires et des retraites, pas pour lancer beaucoup de nouvelles mesures.
Les grandes priorités affichées
Le gouvernement met en avant plusieurs priorités principales pour 2026.
- Mieux faire maîtriser les « fondamentaux » : lire, écrire, compter, respecter les autres, surtout à l’école primaire et au collège.
- Réduire les inégalités entre élèves selon leur milieu social ou leur territoire, notamment via l’éducation prioritaire et des moyens mieux ciblés selon les contextes locaux.
- Lutter plus fortement contre le harcèlement scolaire, avec plus de prévention, de formation des adultes et de soutien aux victimes.
- Poursuivre le développement de l’école inclusive (accueil des élèves en situation de handicap, recrutement de nouveaux AESH, création de places en ULIS, mise en place de pôles d’appui à la scolarité).
- Réformer la formation initiale des enseignants pour rendre le métier plus attractif, en payant davantage les futurs enseignants pendant leur formation.
Autrement dit, le budget sert surtout à consolider ou prolonger des priorités déjà annoncées : fondamentaux, inclusion, harcèlement, formation des enseignants.
Évolution des postes et des effectifs
Le nombre global d’emplois (équivalents temps plein) augmente sur le papier d’environ 5 400 postes, mais une grande partie correspond à des stagiaires supplémentaires liés à la nouvelle formation des enseignants.
– Dans le détail, certains secteurs gagnent des postes (vie scolaire, inclusion, médico‑social), tandis que d’autres en perdent ou restent stables, en particulier dans le secondaire, où des organisations syndicales dénoncent des suppressions de postes malgré les besoins.
– Des postes sont ciblés pour l’accueil des enfants plus jeunes dans certains quartiers prioritaires, pour renforcer les équipes médico‑sociales et pour mieux contrôler les établissements privés sous contrat.
En résumé : il y a des créations de postes, mais pas forcément là où les enseignants et syndicats les jugent les plus nécessaires.
Quelques mesures concrètes pour les élèves et les établissements
Le budget 2026 finance plusieurs mesures visibles sur le terrain.
- Poursuite des allocations de stage pour les lycéens professionnels.
- Création ou rénovation de places dans les internats d’excellence.
- Modernisation des bâtiments et du matériel informatique de l’Éducation nationale.
- Regroupement des services centraux du ministère sur un même site (à Gentilly) et déploiement d’un nouveau logiciel de gestion financière dans les établissements (Op@le)
- Renforcement des moyens pour Mayotte.
- Côté jeunesse et vie associative : financement du service civique (environ 110 000 jeunes), du dispositif « 1 jeune, 1 mentor » et maintien de fonds pour la vie associative et l’éducation populaire.
Ces mesures sont souvent modestes individuellement, mais elles touchent des domaines très concrets : stages, internats, numérique, bâtiments, accompagnement des jeunes.
Les principaux points de débat
Le budget 2026 suscite plusieurs critiques et interrogations.
- – En euros « réels » (en tenant compte de l’inflation), la hausse est très faible : certains parlent même d’un recul, car les coûts augmentent plus vite que les crédits.
- Une partie importante de l’augmentation part dans les retraites et les revalorisations déjà décidées, ce qui laisse peu d’argent pour améliorer les conditions de travail ou réduire les effectifs par classe.
- Des syndicats dénoncent la poursuite de suppressions de postes d’enseignants dans le second degré, alors que la baisse du nombre d’élèves pourrait au contraire servir à alléger les classes.
- Symboliquement, il est relevé que, pour la première fois, le budget de la Défense dépasse celui de l’Éducation nationale, ce qui alimente un débat politique sur les priorités du pays.
En termes simples : le gouvernement affirme que l’effort pour l’école continue, mais beaucoup d’enseignants et de syndicats estiment que ce budget ne suffit pas à répondre aux besoins du système éducatif, surtout si l’on tient compte du coût de la vie et des attentes croissantes envers l’école.
Sources
[1] Le Budget 2026 pour l’Education nationale et la Jeunesse
Projet de loi de finances pour 2026 : Enseignement scolaire – Sénat
[3] Projet de loi de finances pour 2026 : Enseignement scolaire – Sénat
[4] 🔴 Le ministre de l’Éducation nationale sur son budget 2026
[5] Budget 2026 : le Sénat approuve la suppression de 4 000 postes d’enseignants, renonce à aller plus loin
[6] Dans le projet de budget 2026, plusieurs mesures éducatives phares portées par Emmanuel Macron ont été enterrées
[7] BUDGET de l’Éducation nationale : des choix politiques
[8] Budget 2026 : ce que contient la copie finale
[9] Budget 2026 : encore des suppressions d’emplois ! – SNES-FSU
[10] le Sénat valide la suppression de 4 000 postes en 2026
[11] Projet de loi de finances pour 2026 : Enseignement scolaire
[12] Budget Éducation nationale 2025 : répartition et chiffres clés
[13] Budget 2025 : décryptages – [FSU-SNUipp 47]
