Bicentenaire de la photographie : 200 ans d’images, de mémoire et de transmission
En septembre 2026, la photographie célèbre officiellement ses 200 ans.
Deux siècles durant lesquels la photographie a profondément transformé notre manière de conserver les souvenirs, de représenter les visages et de transmettre la mémoire des générations.
Partout en France, expositions, événements culturels et institutions rendront hommage à cette invention majeure qui a bouleversé l’histoire de l’art, du patrimoine et de la mémoire humaine.
Car la photographie n’est pas seulement une avancée technique. Elle est devenue l’un des plus puissants outils de transmission visuelle de notre civilisation.

Des premières expérimentations de Nicéphore Niépce au daguerréotype
L’histoire de la photographie débute officiellement au début du XIXe siècle avec les travaux de Nicéphore Niépce, considéré comme l’un des inventeurs de la photographie moderne.
Quelques années plus tard, Louis Daguerre perfectionnera le procédé avec le daguerréotype, permettant une diffusion beaucoup plus large des images photographiques.
Pour la première fois dans l’histoire humaine, il devient possible de fixer durablement l’image d’un visage, d’un paysage ou d’un instant de vie. Cette révolution transforme immédiatement la représentation humaine et l’art du portrait.
Au fil des décennies, les techniques photographiques évolueront considérablement : plaques photographiques, chambres argentiques, pellicules couleur, reflex numériques, puis aujourd’hui galeries sécurisées et stockage numérique.
Mais malgré toutes ces évolutions techniques, la mission profonde de la photographie reste identique depuis près de 200 ans : préserver la mémoire humaine à travers l’image.
Avant la photographie, il y avait la peinture
Lorsque la photographie apparaît au XIXe siècle, elle ne naît pas dans un vide artistique. Elle s’inscrit dans la continuité directe de plusieurs siècles de peinture, notamment du portrait.
Bien avant l’arrivée des appareils photographiques, les peintres avaient déjà cette mission essentielle : conserver la mémoire des familles, des regards et des générations.
Pendant des siècles, les portraits peints représentaient une véritable transmission patrimoniale et familiale. Ils permettaient de conserver une présence humaine bien au-delà du temps.
Dans ma propre histoire familiale, cette dimension artistique et patrimoniale occupe une place particulière depuis plusieurs générations.
À travers la lignée Verrier-Hubert, entre patrimoine normand, peinture et portrait artistique, le regard porté sur l’humain a toujours constitué un fil conducteur bien avant l’apparition de la photographie moderne.
Cette transmission artistique familiale donne aujourd’hui un sens particulier à mon travail de photographe.
Car finalement, la photographie scolaire prolonge à sa manière cette ancienne tradition du portrait et de la mémoire des générations.
L’appareil photo a remplacé le chevalet.
Mais le besoin humain, lui, reste exactement le même depuis des siècles :
garder une trace de ceux qui grandissent, de ceux qu’on aime et des générations qui passent.
La photographie scolaire : une mémoire collective française
À l’occasion du bicentenaire de la photographie, il est intéressant de constater
que la photographie scolaire est devenue l’un des grands patrimoines visuels populaires des familles françaises.
Même si les premières photographies scolaires apparaissent plusieurs décennies après la naissance officielle de la photographie, elles se sont progressivement imposées comme un véritable rituel intergénérationnel.
Des anciennes photos de classe en noir et blanc jusqu’aux galeries numériques modernes, des millions d’enfants ont grandi devant l’objectif des photographes scolaires.
Ces images racontent discrètement l’évolution des écoles, des générations, des modes de vie, des vêtements, mais aussi de la société française elle-même.
Aujourd’hui encore, les photographies scolaires restent parmi les rares images imprimées que les familles et les professeurs conservent parfois pendant plusieurs dizaines d’années.
Elles deviennent de véritables archives familiales. Dans un monde où des milliers de photos numériques disparaissent dans des téléphones ou des disques durs oubliés, la photographie scolaire conserve une valeur émotionnelle et patrimoniale unique.
Photographier aujourd’hui la mémoire de demain
Après près de vingt années consacrées à la photographie scolaire, cette responsabilité reste au cœur de ma démarche.
Car derrière chaque portrait d’enfant ou chaque photo de classe se cache souvent un souvenir qui traversera le temps bien au-delà de l’année scolaire elle-même.
À travers le réseau France-Scolaire, cette vision humaine, qualitative et patrimoniale de la photographie continue aujourd’hui d’être défendue avec conviction.
L’objectif n’est pas seulement de produire des images. Il s’agit aussi de préserver une mémoire visuelle des générations futures.
À l’heure où la photographie fête ses 200 ans, il paraît essentiel de rappeler que la photographie scolaire constitue probablement l’un des derniers grands portraits populaires et intergénérationnels en France.
Et finalement, qu’il s’agisse d’un portrait peint dans un atelier normand il y a plusieurs siècles ou d’une photographie scolaire réalisée aujourd’hui dans une école française, la mission reste profondément la même : conserver une trace humaine du temps qui passe.

Autres ressources utiles
- Les travaux de Nicéphore Niépce
- Louis Daguerre et son procédé avec le daguerréotype
- Famille Verrier:histoire et patrimoine
- Frédéric Verrier: biographie
- Histoire de la photographie scolaire
- Frédéric Verrier: portrait d’un photographe passionné
- Portrait au smartphone
- Réseau de photographes scolaires
- La photographie fête ses 200ans:ministère de la culture
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